Aéroport de Paris : une privatisation aura de lourdes conséquences sur les salariés et riverains


La loi PACTE  “Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises” sera examiné en septembre 2018 au Sénat. Dans l’attente de cet examen, j’ai souhaité rencontrer à la fois les représentants des syndicats du groupe Aéroports de Paris, mais aussi le Président-Directeur Général, Monsieur Augustin de Romanet afin d’aborder les enjeux d’une privatisation de ce groupe. 


La Loi PACTE, présentée en juin 2018 annonce en effet la privatisation du groupe ADP, qui gère jusqu’à présent les infrastructures aéroportuaires de Roissy, d’Orly et du Bourget. Un chapitre de cette loi est consacrée aux privatisations comme celle d’ADP qui autorisera l’État  à concéder ses parts au capital d’ADP pour un durée de 70 ans.


Même si le gouvernement n’a pas encore précisé l’ampleur de son désengagement, il a cependant mis en avant les raisons de ce désengagement. Ce dernier permettrait de financer  à la fois le fonds pour l’innovation créé par E.Macron mais aussi servirait à réduire la dette de l’État.

C’est donc bien une opération comptable que souhaite faire le gouvernement à travers cette privatisation au mépris des salariés du groupe, des riverains, et des futurs voyageurs.

Et cela alors même que le groupe ADP est en excédent, redistribue des dividendes à l’État qui permettent de financer, sur le long terme nos services publics.


Notre territoire, le Val-de-Marne sera nécessairement impacté par la privatisation du groupe ADP puisque l’aéroport d’Orly appartient à ce monopole détenu par l’État.


L’État, en se dégageant de ces actifs stratégiques que sont les infrastructures aéroportuaires signe un chèque en blanc aux futurs actionnaires concernant la réorganisation du groupe. Les salariés du groupe ADP, qui représentent 8,3% de l’emploi salarié en Ile-de-France seront les premiers à pâtir de cette privatisation, puisqu’ils verront le groupe se réorganiser selon une logique toujours plus poussée vers le profit, au détriment des conditions de travail (baisse des effectifs, remise en cause du statut du personnel).

Une privatisation de telle ampleur, fait craindre par ailleurs une évolution négative concernant les conditions de vies des riverains franciliens et tout particulièrement autour d’Orly.

En effet, des contraintes sont pour le moment imposées aux compagnies aériennes en terme de nombre d’heures de vol/jours : un couvre-feu nocturne a notamment lieu entre 23H et 6H du matin depuis 1968, sont également plafonnés à 250 000 le nombre de mouvement annuels ce qui permet de contenir au maximum les nuisances des riverains aux alentours. Je pense notamment aux 200 000 riverains proches de l’aéroport d’Orly. Il y a fort à parier que le repreneur du groupe ADP ne se satisfasse pas de ces contraintes et souhaite les modifier dans une logique de rentabilité, engendrant de grave nuisances sonores et environnementales.


Enfin, si l’on prend l’exemple de la privatisation des autoroutes, les dernies touchés seront bien les voyageurs, qui vont voir leurs coûts de voyage, comme les taxes d’aéroports, irrémédiablement augmenter.


Dès lors, je suis personnellement fermement opposée à la privatisation du groupe ADP.  C’est une décision unilatérale prise par l’État, sans y avoir associé les collectivités territoriales, qui aura un impact conséquent sur le territoire val-de-marnais.

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