La réforme des retraites fait peser de graves dangers sur les droits des femmes

Après deux ans et demi de régression sociale, cette réforme des retraites est un nouveau pas vers la fin de notre modèle social : recul de l’âge de départ à la retraite sous peine de malus, fausses avancées sociales sur la pénibilité.. et impact très fort sur le droit des femmes. 


Militantes associatives et syndicales, professeures, femmes élues… Nous étions réunies le 16 décembre à la Maison des Métallos à Paris pour dire non à cette réforme des retraites.


En quoi cette réforme nuit elle aux femmes ?

La mise en place du système par points pour le niveau de vie des femmes. En effet, le système par points prend en compte la carrière dans son ensemble, chaque heure travaillée donnant droit à un point et les points donnant eux-mêmes le droit à un montant de pension. Les femmes, qui travaillent moins, de manière plus irrégulière et à un salaire inférieur à celui des hommes, auront mécaniquement des pensions plus faibles qu’eux.


De plus, le projet prévoit un montant minimum de 1000€ nets, reversé aux personnes ayant eu une carrière complète avec de faibles revenus. Or, 40% des femmes n'ont pas de carrière complète et tout au long de leur carrière, elles gagnent significativement moins que les hommes. De plus, le calcul de la retraite prendra en compte l’intégralité de la carrière, au lieu des 25 meilleurs années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public. Cette réforme par points a un seul objectif : faire baisser le niveau des pensions ! Une vision purement comptable qui méprise les conséquences sociales sur de nombreux salariés, et au premier rang desquels, les femmes.


Par ailleurs, dans ce projet de réforme, la reconnaissance de la pénibilité est fragilisée, surtout pour les femmes fonctionnaires. Pour les 400 000 aides-soignantes, infirmières, sage-femmes… qui partaient à 57 ans, la retraite ce sera au mieux à 62 ans.


Enfin, ce projet fragilise la pension de réversion, car les droits à la réversion pour les personnes divorcées n’y sont pas conservés. Or, 45% des mariages finissent en divorce et ce sont les femmes qui sont largement bénéficiaires de ces pensions.


J'ai donc rappelé lors de cet événement en quoi les femmes ne sont pas les grandes gagnantes de la réforme des retraites. Il est nécessaire à mon sens de mieux prendre en compte la pénibilité « invisible » : tâches répétitives, cadence très rapide, gestes soigneux, qui finissent par briser les corps, et accompagnement social et accueil, qui pèsent sur la santé psychique. Faces à ces risques, les femmes sont en première ligne.


Il est donc urgent de prendre en compte ces risques, et également de sortir de la logique d’individualisation des droits au profit des droits collectifs, pour favoriser l’accès de tous et toutes aux droits liés à la reconnaissance de la pénibilité sous toutes ses formes.

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