Oui au déconfinement, non à la gestion de crise par le gouvernement !


Que ce soit le plan de déconfinement présenté par le gouvernement, ou le projet de loi qui prolonge l’état d’urgence sanitaire en vue du déconfinement, j’ai voté contre pour plusieurs raisons.


Je suis pour le déconfinement si les conditions sanitaires et sociales sont réunies. Mais sur ce point, le manque de clarté du gouvernement dans les orientations données est à déplorer. Sur la question scolaire, le flou total qui règne depuis plusieurs semaines est contre productif. Les conditions sanitaires ne sont pas garanties, les inquiétudes des parents légitimes. Pour le gouvernement, "les écoles ouvriront là où elles le peuvent". Cette position incertaine entretient l'angoisse des parents. Sur la question des masques aujourd'hui vendus en masse au sein des grandes surfaces, ou encore sur la possibilité de réaliser 700 000 tests par semaine, le gouvernement n'a encore une fois pas apporté de réponses claires.

De plus, la crise sanitaire que nous traversons demande des mesures exceptionnelles. Mais le texte qui prolonge l’état d’urgence sanitaire revient d'une façon préoccupante sur nos libertés individuelles. Je m'oppose à la possibilité de mettre en quarantaine ou en isolement les individus suspectés d’être malades sur simple décision d'une autorité administrative. Ce texte signe par ailleurs la mise en place d'un système d’information destiné à identifier les personnes infectées ou susceptibles de l'être, ainsi que celles qui ont été en contact avec elles, afin de remonter les chaînes de contamination. Même si, grâce à nos amendements, la mise en oeuvre d’un tel système est conditionné à un avis conforme de la CNIL, cette disposition à mes yeux, n'est pas assez cadrée pour être acceptable. Par ailleurs, prolonger d’autant l'état d'urgence, sans avoir besoin de consulter régulièrement le Parlement remet en cause l'équilibre institutionnel.


Je m’oppose ensuite à l’aménagement du régime de responsabilité pénale proposé par la droite du Sénat. Cette disposition permet de protéger pénalement les maires, exécutifs locaux, fonctionnaires et employeurs qui appliqueront les mesures décidées par le gouvernement durant la crise sanitaire. Oui, il faut protéger les Maires qui appliquent des décisions auxquelles ils n'ont pas été associés. Il ne s'agit ici aucunement de dédouaner les acteurs locaux mais d'établir la responsabilité à son juste niveau, à savoir : l'Etat. De plus, élargir cette mesure aux employeurs, et donc les dédouaner va trop loin. C'est aux employeurs de s'assurer que la santé et la sécurité des salarié.e.s soient garanties pendant ce déconfinement. Il doit donc être possible de poursuivre un employeur qui ne respecterait pas ces principes fondamentaux.


Au final, la cacophonie et cette mésentente au sommet de l'Etat durant la crise sanitaire sont non seulement insupportables car la situation appelle des réponses claires, mais elles démontrent une fois de plus le peu de considération portée au Parlement.


Le déconfinement doit se faire de manière sereine.