Reconnaissance du crime d'écocide : ce n'est pas pour tout de suite!

Mis à jour : 23 mai 2019

En amont de l'examen de la proposition de loi du groupe socialiste sur la reconnaissance de l'écocide, nous avions rencontré, avec Benoit Hamon, Mme Valérie Cabanes, juriste en droit international spécialisée dans les droits de l'homme et le droit humanitaire. Nous avions échangé sur la nécessité de se doter d'outils juridiques à l'échelon national et européen pour poursuivre les auteurs d'atteintes graves à l'environnement.



L'écocide, c'est passer du délit au crime, c'est reconnaitre que certaines activités économiques, légales et illégales sont intenables pour notre planète et menacent l'espèce humaine. Reconnaitre l'écocide c'est sanctionner pénalement les auteurs de ces activités.


La nuit du 1er mai 2019, le Sénat n'a cependant pas pris la mesure de l'urgence et n'a pas adopté cette proposition de loi. C'est non seulement décevant mais très grave, pour aujourd'hui et pour les générations futures.


Je suis convaincue qu'il faut changer radicalement notre modèle juridique pour changer de paradigme. La dette financière, même lourde, peut être remboursée. La dette écologique, si souvent niée, ou sous-estimée ne l'est pas. L'appât du gain immédiat ne doit plus justifier une prise de risque pour plus tard, pour les générations futures, au détriment de notre planète


Je songe aux pollutions au jour le jour, qui contaminent les terres et acidifient les océans. Il faut opposer à ce modèle économique fou les limites de la Terre.