Un Revenu Universel d’Existence pour fonder un nouveau pacte social

Mis à jour : juin 4

Jeudi 28 mai, en séance au Sénat, j’ai appelé le gouvernement à expérimenter le Revenu Universel dans les départements qui le souhaitent.

La crise liée au Covid-19, a montré l’impasse dans laquelle se trouve notre modèle social. Surmortalité dans les territoires les plus pauvres, accès inégal au système de soins ou le recours croissant d’un certain nombre de nos concitoyens aux banques alimentaires, sont autant de signaux qui montrent la fragilité de notre système social. Le Revenu Universel d’Existence est aujourd’hui une nécessité pour amortir le choc social, diminuer la pauvreté en France et garantir une protection à l’ensemble des citoyens.nes. Cette idée fait d’ailleurs son chemin et progresse dans les consciences. Partis politiques et élus.es sont de plus en plus convaincus par cette idée comme en témoigne la tribune dans le JDD de plusieurs élus.es socialistes le 11 avril dernier.

Pour autant, il ne faut pas se laisser berner par les annonces du gouvernement. Le Revenu Universel d’Activité n’est ni plus ni moins qu’un élément de langage et n’a rien d’universel, bien au contraire. Son seul avantage est de favoriser l’automaticité des droits puisqu’aujourd’hui 30% des ayants-droits ne recours pas aux aides sociales. Pour le reste, il vise à instaurer un contrôle toujours plus fort sur les plus modestes en instaurant un régime de la méfiance a priori quand je défends l’idée de confiance envers l’ensemble des citoyens. La réforme de l’assurance chômage illustre parfaitement cette mentalité. Il faut maintenant travailler 6 mois sur les deux dernières années, au lieu de 4 sur 28 mois auparavant et les sanctions sont durcies. Autrement dit, ce prétendu revenu universel ne répond pas aux enjeux auxquels est confrontée la société. Alors que des millions de français étaient confinés chez eux pendant plusieurs semaines, nous avons collectivement pris conscience que les invisibles de la République, caissières, agents d’entretien, livreurs, aides-soignantes ou infirmières étaient fondamentaux dans le fonctionnement de notre pays. Cette crise a ainsi changé durablement notre rapport au travail. Ces métiers sous-payés méritent une revalorisation.

Mettre en place un Revenu Universel d’Existence c’est reconnaitre la valeur sociale d’un emploi en redistribuant de manière plus juste les richesses que nous produisons.

Ce dispositif est également nécessaire si l’on veut répondre au manque de protection sociale des travailleurs ubérisés. Souvent précaires, ils ne peuvent pas arrêter même temporairement leur activité. C’est ce qui s’est passé avec le confinement.

Le Revenu Universel est donc le pilier manquant de la sécurité sociale du XXIème siècle. Il faut donner la possibilité à chacun de poser des limites dans son travail afin de protéger sa santé. Outre le fait d’accroitre la probabilité d’être touché par le Covid-19, cette crise a mis à jour le phénomène de l’hyper-connexion. Cette sursollicitassion des salariés par leur entreprise, couplée à une augmentation de la charge mentale alerte les professionnels de la santé sur le risque accru de burn-out dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.

Mettre en place un Revenu Universel d’Existence inconditionnel, c’est aussi permettre à nos jeunes d’accéder à l’autonomie et à des conditions de vie digne. Les 18-25 ans sont en effet les laissés-pour-compte du système fiscal. Outre les APL et les bourses sur critères sociaux, ils ne bénéficient pas du RSA. Il est temps de leur donner les moyens de leur émancipation.


Ce dispositif constituerait une décision de rupture à la hauteur des enjeux des grandes transitions que notre société traverse, et permettrait de lutter contre le non-recours, contre la pauvreté, tout en garantissant une dignité à tous.


La réponse du gouvernement :